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À l'origine

À l'origine

" Arrêter le voyage c'est mourir ", proverbe gitan

Balade au Caire

Talaat Harb

Talaat Harb

Une journée de minibus pour traverser la vaste péninsule désertique du Sinaï pour enfin atteindre Umm ad-Dunya, la Mère du monde des Égyptiens, le Caire...

Les infrastructures routières et l'urbanisation s'intensifient, les véhicules s'agglutinent dans un vacarme assourdissant alors que l'odeur des gaz pique la gorge, nous voilà aux portes de la tentaculaire agglomération qui compte aujourd'hui près de 20 millions d'âmes. Que reste-t-il de l'antique Memphis, de la Babylone fondée par les Romains, ou de l'Al Qahira des Fatimides et des Mamelouks ? Difficile d'y répondre à la vue de cet énorme capharnaüm qui nous réservera bien des surprises...

Deux heures plus tard, nous sommes déposées dans la Sharia Talaat Harb, artère principale du centre ville reliant Midan Orabi à Midan Tahir, portant dorénavant parfaitement son nom de Place de la Libération - aurions-nous deviné qu'un mois plus tard, elle soit le théâtre de tant d'événements... ? - Bruyant et poussiéreux, le centre ville regroupe bon nombre d'immeubles haussmaniens du XIXe siècle, de façades affichant différents styles, hôtels, restaurants et boutiques aux devantures incroyables – d'innombrables magasins de chaussures aux modèles entassés jusqu'au plafond ! -

Notre hôtel se trouve par là, proche du superbe cinéma Metro, dans un de ces magnifiques immeubles style Empire, certes aujourd'hui quelque peu délabrés, mais tellement typiques de l'architecture cairote. Quelle surprise le lendemain matin lorsque, en grimpant jusqu'au 12e, nous découvrons une vue époustouflante sur les toits du centre ville... rendez-vous quotidien vite repéré par nos amis les chats avec qui nous partagerons dès lors tous nos repas.

 

Talaat Harb, Le Caire

Talaat Harb

 

Telle qu'elle se présente, difficile de discerner une quelconque hégémonie dans la vaste cité orientale qui a toujours voulu repousser ses limites au devant du désert, repenser plutôt aux différentes époques qui en ont construit son histoire pour tenter d'en percer ses mystères. Après avoir cherché du côté de la rive occidentale du Nil, de Gizeh et des pyramides, de la vieille ville et son quartier Copte, vers l'île de Roda et son Nilomètre, de la Bab Zuweila à la Citadelle, dédale aux mille mosquées, je reste subjuguée par toutes ces découvertes à peine croyables... Il nous reste pourtant à découvrir une des plus fascinantes facettes marquée par les deux dynasties musulmanes Fatimides et Mamelouks, ayant laissé à la ville ses aspects les plus mythiques, le Caire Islamique.  

La vieille ville musulmane abrite un chapelet de mosquées aux nids d'abeilles et aux encorbellements ciselés, toutes aussi somptueuses les unes que les autres. À chaque coin de rue se profilent un minaret, une fontaine publique qui, à l'âge d'or du Caire, offrait un enseignement gratuit aux fils de la plèbe, un khan, caravansérail, une belle demeure ottomane ou un fundouk, hôtel aujourd'hui malheureusement souvent délabré. Au cœur du quartier, on débouche sur Midan Hussein, la place toujours très fréquentée qui s'étend entre les deux mosquées hautement révérées Sayyidna al-Hussein et Al-Azhar. Lorsqu'en 969 les Fatimides, conquérants chiites épris de poésie et de musique, s'emparèrent de la place, qu'ils nommèrent al-Qahira - la Victorieuse -, ils firent ériger une madrasa, lieu d'enseignement religieux, transformée plus tard en université, qui demeure un des endroits les plus prestigieux où l'on étudie la théologie sunnite.

 

Aux abords du clinquant Khan El-Khalili, nous nous laissons aller au fil des ruelles grouillantes de vie où, de bon matin, chacun s'adonne à son activité, artisans, boulangers, ferrailleurs mettent la main à la patte, vendeurs ambulants concoctent foul, légumes et fallafels. Au son des marteaux-piqueurs et dans des nuages de poussière, on se croise sur les étroites planches de bois servant de passerelles entre deux trous béants dans lesquels s'enfoncent les ouvriers. De délicieuses effluves de pain chaud annoncent l'imminente distribution du pain, les habitants du quartier s'empressent et défilent chez le boulanger chez qui nous seront également conviées...

 

  Caire-artisans

Artisans du Caire Islamique

 

 

En déambulant le long de la longue rue commerçante Al-Muizz li-Din Allah, nous nous dirigeons vers Bab al-Futuh, principale porte Nord de la cité fatimide d'Al-Qahira. Sorties de l'enceinte des remparts, nous voilà immergées dans un marché tenant lieu dans un quartier populaire. Tous mes sens sont accaparés par cette scène se déroulant le long d'une rue poussiéreuse jonchée de détritus et elle seule suffit à nous faire vivre un pur moment d'authenticité cairote ! On se fraye un chemin parmi la foule, prenant garde d'éviter les ânes surchargés ou les charrettes croulant sous les marchandises, tandis que les odeurs de légumes, d'épices, de bétail se mêlent à celles, bien caractéristiques de la ville, d'urine et d'égouts...

 

Caire-quartierQuartier populaire du Caire

 

 

 

 

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