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À l'origine

À l'origine

" Arrêter le voyage c'est mourir ", proverbe gitan

Delhi

Welcome in Delhi

Welcome in Delhi

 

À Paharganj, quartier éminemment touristique, mieux vaut éviter les entourloupes et plutôt prendre le temps de discuter avec les jeunes venant nous aborder à tout va dans la rue. Simple plaisir de converser, curieux d'en apprendre davantage sur l'étranger, étudiants soucieux d'améliorer leur Anglais, tentative de hameçonnage ? Quoiqu'il en soit, aux abords de la gare, nous écourtons les maints interrogatoires, traversons la gare de New Delhi pour nous diriger vers le cœur symbolique de l'immense métropole, Old Delhi.

À mille lieues du centre figé de New Delhi, fondée et achevée par les Anglais en 1929, aujourd'hui opulent centre économique et commercial, Old Delhi impose, presque violemment, ses origines musulmanes. Toute l'apaisante symétrie des rues concentriques cernant Connaugh Place, agréablement jalonnées de jardins, fait ici place aux inextricables ruelles où la densité humaine dépasse allègrement la limitée autorisée !

Limité par de vieilles murailles mogholes, on y trouve les restes de plusieurs anciennes capitales remontant jusqu'à 800 avant notre ère. Chacune construite, puis vaincue et rasée avant qu'une autre le soit à nouveau par divers envahisseurs. Erigée dernièrement en 1639 par l'empereur moghol Shah Jahan (à l'origine de la construction du célébrissime Taj Mahal), la ville resta la capitale des Moghols jusqu'à la fin de la dernière dynastie, au milieu du XIXe siècle. Les riches palais, belles mosquées et luxuriants jardins d'antan se mélangent aujourd'hui avec les constructions branlantes, bâtiments délabrés et éternelles immondices.

Alors que des souvenirs du Caire m'assaillent à nouveau, nous approchons sans le savoir de Chandni Chowk, comment décrire la scène ? Une foule aussi dense qu'un samedi soir aux fêtes de Bayonne, mais pas besoin d'alcool pour s'enivrer, les effets du « concentré indien » restent une expérimentation sensorielle à l'état pur mémorable... On laisse passer les porteurs, croulant sous leurs énormes charges, on piétine, difficile d'avancer sur les trottoirs et bas-côtés engorgés. Les piétons envahissent la rue, forment une file désordonnée le long des rangées de motos stationnées et des remorques transportant des sacs de provisions tractées par un simple vélo tandis que les autres véhicules klaxonnent outrageusement.

Dans les ruelles, on déballe à même le sol, nourriture, vêtements, bijoux, bangles, ustensiles ménagers, vaisselle et plats en inox... De fortes effluves d'encens émanant des stands de commerçants ambulants nous inondent, s'y mêlent de douces odeurs d'épices, de friture, samoussas, pakoras et autres beignets. De temps à autre, ce sont des relents d'urine ou d'immondices, cumulées en de vastes tas jonchant un coin de rue, autour desquelles rôdent chiens errants, cochons et vaches... ça y est, je suis en Inde.

Enfin, au bout de Chandni Chowk, apparaît le Lahore Gate annonçant le fort Rouge, Lal Quila. Superbe construction entreprise par Shah Jahan, encore lui, en 1638 et achevée dix ans plus tard, combinent tous les signes du pouvoir moghol, salles d'audience privée et publique, palais, pavillons, mosquée et jardins à la perse. Le soleil déclinant illumine majestueusement le grès rouge tandis que les ombres des colonnades en marbre de la salle d'audience publique, le diwan-i-am, se réveillent. La pénombre tombe peu à peu, nous décidons alors de faire notre baptême de rickshaw pour rentrer à l'hôtel, exténués par notre premier jour à Delhi...

 

Chandni Chowk, Old Delhi

Chandni Chowk, Old Delhi

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